Dans un monde où l’incertitude est devenue la seule constante, où les équilibres géopolitiques vacillent et où les sociétés se fragmentent sous le poids de la désinformation et des inégalités, l’avenir de la démocratie est plus que jamais sur toutes les lèvres. Est-elle en crise profonde ou simplement en pleine réinvention ? Le « Global State of Democracy 2025 : Democracy on the Move » (L’état de la démocratie dans le monde 2025 : La démocratie en mouvement), le rapport phare d’International IDEA, nous offre une boussole indispensable pour naviguer ces eaux tumultueuses. Fruit d’un travail d’experts acharné et d’une analyse minutieuse de données sur 174 pays sur près de cinq décennies, ce document n’est pas qu’un simple bilan ; c’est un miroir tendu à l’humanité, un appel lucide à comprendre que la démocratie n’est jamais un acquis et qu’elle exige « patience, entretien et, parfois, réinvention ». Ma lecture de ce rapport, dense et percutante, révèle que la démocratie est effectivement « en mouvement », mais qu’elle oscille dangereusement entre des reculs alarmants dans ses fondements et des poches de résilience inattendues, notamment à travers l’engagement civique et la complexité des migrations internationales qui redéfinissent la « signification de l’appartenance dans une société démocratique ».
Méthodologie et Positionnement d’International IDEA
Le rapport « The Global State of Democracy 2025 » (GSoD) s’appuie sur une méthodologie rigoureuse pour évaluer la santé démocratique de 174 pays entre 1975 et 2024, avec un focus sur la période 2019-2024. Cette analyse quantitative repose sur les GSoD Indices, qui mesurent la performance nationale selon quatre catégories fondamentales : la Représentation, les Droits, l’État de Droit et la Participation. Chaque catégorie est ensuite affinée par des facteurs spécifiques tels que les « Élections Crédibles » ou l' »Indépendance Judiciaire ».
Pour une vision plus actuelle, le rapport intègre également des données qualitatives issues du Democracy Tracker d’International IDEA, actualisé mensuellement et capable de refléter les tendances jusqu’en juin 2025. Cette approche hybride permet de saisir à la fois les évolutions de fond et les événements politiques récents, y compris dans des pays comme les États-Unis.
Prise de recul analytique : L’honnêteté intellectuelle du rapport est remarquable. Le Dr Kevin Casas-Zamora, Secrétaire général d’International IDEA, souligne explicitement que la méthodologie actuelle ne peut « pas capturer pleinement les réalités sur le terrain » dans des contextes de conflit armé, citant la crise « déchirante » à Gaza. Il affirme que l’occupation et la guerre menées par Israël représentent une « attaque systématique et brutale contre les Droits, la Représentation, l’État de Droit et la Participation en Palestine ». Cette autocritique ne fragilise pas le rapport ; elle renforce sa crédibilité en reconnaissant les limites intrinsèques de la mesure démocratique dans des situations extrêmes et en soulevant une question fondamentale : « les devoirs de la démocratie s’étendent-ils au-delà des frontières ? ». C’est une invitation à une réflexion plus profonde sur l’universalité des principes démocratiques face à la realpolitik.
Le Déclin Démocratique Global : Une Érosion des Fondations
Le constat général est sans appel : la démocratie mondiale est en recul. En 2024, 94 pays (soit 54 % des pays évalués) ont connu un déclin dans au moins un facteur de performance démocratique au cours des cinq dernières années (2019-2024), tandis que seulement 55 pays (32 %) ont enregistré une amélioration. La préface évoque une incertitude radicale. Un exemple frappant est la situation aux États-Unis, où les développements politiques depuis début 2025, notamment le retour de Donald Trump à la présidence, ont érodé les « hypothèses de longue date sur la résilience démocratique ». Entre janvier et avril 2025, International IDEA a émis 20 alertes documentant des cas où le gouvernement américain a « érodé et aboli les règles, institutions et normes » démocratiques, notamment en restreignant la liberté académique et en remettant en question la légitimité des élections. Certains observateurs sont allés jusqu’à parler de « coup d’État présidentiel » ou de pays au « bord de l’autocratie ».
Représentation : Un Effondrement Inédit
La Représentation, traditionnellement le point fort de la démocratie, a connu un « effondrement sans précédent ». En 2024, les scores ont atteint leur « plus bas niveau en plus de 20 ans », avec sept fois plus de pays en déclin qu’en progression. Les déclins les plus marqués touchent les « Élections Crédibles » (20 % des pays) et le « Parlement Efficace » (19 % des pays), affectant toutes les régions, l’Afrique et l’Europe étant les plus touchées.
• Exemples de reculs : Au Mozambique, l’élection d’octobre 2024 a été entachée d’allégations de fraudes. En Géorgie, des irrégularités lors des législatives de 2024 ont provoqué des protestations. Au Koweït, la suspension indéfinie du Parlement en mai 2024 par l’Émir est un coup dur, illustrant l’affaiblissement des législatures.
• Exemples d’avancées : Le Botswana a réalisé un transfert de pouvoir historique après 58 ans de règne du même parti. Le Brésil (2022) et la Pologne (2023) ont montré des signes de « reprise démocratique » après des années de détérioration, avec de nouvelles administrations œuvrant à renforcer l’État de droit et l’espace civique. Au Brésil, un comité législatif a même accusé l’ancien président Jair Bolsonaro de crimes liés à une tentative de coup d’État, ce qui a mené à des poursuites judiciaires.
Analyse : Le déclin de la Représentation est une crise de confiance dans le cœur même de la démocratie. Si les élections restent un « moyen unique de renouveau démocratique », leur efficacité est sapée lorsque les élites sont « réticentes à céder le pouvoir ».
Droits : Une Érosion Généralisée des Libertés Fondamentales
La catégorie des Droits a connu des déclins mondiaux étendus. La Liberté de la Presse a enregistré le déclin le plus large depuis 1975, affectant 43 pays (près d’un quart). La « Liberté d’Expression », l' »Égalité Économique » et l' »Accès à la Justice » ont également fortement reculé.
• Exemples de reculs : L’Afghanistan, le Burkina Faso et le Myanmar ont vu la liberté de la presse chuter suite à la violence et aux transferts de pouvoir non démocratiques. La Corée du Sud a connu des cas de harcèlement de journalistes. En Grèce, le scandale « Predatorgate » (utilisation de logiciels espions) a mis en lumière un problème d’impunité. Aux États-Unis, l’inégalité économique s’est aggravée, avec des politiques menaçant les groupes à faible revenu.
• Exemples d’avancées : Le Chili a proposé une législation historique pour protéger les journalistes. Le Bangladesh a abrogé une loi répressive sur la cybersécurité. L’Espagne a lancé un plan d’action pour la démocratie renforçant l’indépendance des médias. La Gambie a progressé dans l’accès à la justice en poursuivant les crimes de l’ancien régime.
Analyse : La détérioration de la liberté de la presse est un « signal de menace grave pour la redevabilité publique et la participation politique éclairée ». L’érosion des droits fondamentaux, y compris l’égalité économique, fragilise le contrat social et favorise la polarisation.
État de Droit : Le Maillon Faible, y Compris en Europe
L’État de Droit est la catégorie la plus faible, avec 71 pays (41 %) classés comme « faibles » en 2024. C’est également la catégorie ayant connu le plus grand nombre de déclins agrégés, avec l’Europe représentant 38 % de ces reculs, alors que sa performance était historiquement « robuste ». Les déclins se sont concentrés sur l' »Indépendance Judiciaire », la « Sécurité de l’Intégrité Personnelle » et « l’Application Prévisible de la Loi ».
• Exemples de reculs : En Palestine, Afghanistan, Tchad et Myanmar, la détérioration est liée à l’instabilité et la violence. Au Mexique, les réformes judiciaires par vote populaire ont soulevé de « graves menaces » pour l’indépendance du pouvoir judiciaire. Au Burkina Faso, une loi d’amnistie pour les participants à un coup d’État sape la redevabilité. Le « modèle Bukele » au Salvador, bien que réduisant la criminalité, s’est fait au prix de « violations flagrantes des droits humains » (torture, disparitions forcées) et d’une « grave détérioration de l’État de droit et de l’espace civique ». Le Parlement a même amendé la constitution pour permettre une réélection indéfinie du président. Au Portugal, des préoccupations concernant la brutalité policière ont émergé. Aux États-Unis, la seconde administration Trump a émis une série de décrets menaçant l’équilibre des pouvoirs.
• Exemples d’avancées : Le Guatemala a montré des avancées dans la lutte contre la corruption sous la présidence d’Arévalo. La Gambie a poursuivi les crimes de l’ancien régime, renforçant l’accès à la justice.
Analyse : L’affaiblissement de l’État de droit, y compris en Europe, est très préoccupant car il mine la légitimité démocratique et la confiance publique. Le cas du Salvador pose une question éthique majeure : la sécurité peut-elle justifier le sacrifice des libertés fondamentales et de l’équilibre des pouvoirs ?
Participation : La Flamme Résiliente de l’Engagement Civique
La Participation est la seule catégorie à être restée « relativement stable ». Bien que les déclins (9 pays) aient légèrement surpassé les avancées (2 pays) sur 2019-2024, la plupart des reculs ont eu lieu dans des pays déjà peu performants (Afghanistan, Centrafrique, Koweït, Myanmar, Nicaragua et Russie). Le Brésil et les Fidji ont enregistré des améliorations.
Analyse : Le rapport confirme que « beaucoup de la résilience persistante de la démocratie provient de l’engagement civique ». Les citoyens actifs constituent l' »ultime rempart contre le pouvoir ». Cet engagement est néanmoins sous pression dans des contextes autoritaires, soulignant l’importance de protéger l’espace civique. Au Brésil, un programme de budget participatif a été relancé, intégrant des propositions citoyennes et montrant la capacité du peuple à « agir comme ultime contre-pouvoir ».
Démocratie en Mouvement : Migrations et Citoyenneté Transnationale
Le rapport consacre une partie significative à la « Démocratie en mouvement », explorant l’intersection cruciale entre la migration et la démocratie. En 2025, plus de 304 millions de personnes (soit 3,7 % de la population mondiale) vivent hors de leur pays de naissance, un chiffre qui a triplé depuis les années 1970. Contrairement aux idées reçues, la majorité de ces migrations sont intrarégionales ou vers des pays voisins.
La migration est un « facteur clé contribuant au climat d’incertitude actuel », soulevant des questions profondes sur la citoyenneté, l’appartenance, l’universalité des droits et la nature d’une démocratie inclusive. Le rapport se penche spécifiquement sur les droits de vote pour les citoyens résidant à l’étranger (Out-of-Country Voting – OCV).
L’OCV : Un Levier de Résilience aux Multiples Facettes
L’élargissement de la participation politique par l’OCV peut « contribuer à la résilience démocratique ». Il renforce le sentiment d’appartenance des diasporas, peut diffuser les normes démocratiques et faciliter la réintégration.
• Motivations de l’OCV : Les pays étendent le droit de vote à leurs diasporas pour des raisons diverses :
◦ Nation-building et symbolisme : Renforcer les liens identitaires, notamment après des conflits ou l’autoritarisme (ex: Tunisie après 2011, Afrique du Sud après l’apartheid).
◦ Motivations économiques : Reconnaissance des contributions économiques (remittances), qui peuvent représenter jusqu’à 20 % du PIB dans des pays comme les Samoa.
◦ Justice transitionnelle : Réparer les liens avec les exilés et les réfugiés.
◦ Stratégie politique : Renforcer une base électorale partisane (ex: Hongrie et Turquie, où le vote des diasporas a favorisé les partis au pouvoir).
• Débats et défis : L’OCV suscite des débats sur la légitimité du vote des non-résidents. Il existe des risques de « distorsion des résultats électoraux » et de manipulation partisane, comme en Hongrie, où la législation favorise un vote massif par correspondance de la diaspora soutenant le parti au pouvoir, tandis que les citoyens nés en Hongrie doivent voter en personne. Les systèmes d’OCV peuvent être « coûteux » et « lourds administrativement ».
Mécanismes de l’OCV et Défis de Participation
• Méthodes de vote : Le vote en personne (souvent dans les missions diplomatiques) reste le plus courant. Le vote postal est également répandu, mais le vote en ligne (e-voting) est très peu utilisé (environ 7 % des pays) en raison de préoccupations de cybersécurité et d’accès équitable. Près d’un quart des pays ne prévoient aucune modalité de vote à l’étranger.
• Accès et inégalités : L’accès à l’OCV est souvent limité aux citoyens dans des « circonstances spéciales » (employés du gouvernement, militaires, étudiants), créant des « niveaux inégaux de citoyenneté ». La situation des 3,4 millions de travailleurs indiens en Arabie Saoudite, contraints de retourner en Inde pour voter en personne, illustre l’inaccessibilité et le coût prohibitif pour de nombreux migrants. Au Bangladesh, la législation sur l’OCV existe mais n’a jamais été mise en œuvre.
• Taux de participation : Les taux de participation des diasporas sont « relativement faibles ». Pour les 38 élections de 2024 où des données étaient disponibles, la participation moyenne était de 13,2 % de la population émigrante, contre 61,5 % pour le vote domestique. Les « obstacles à l’enregistrement » sont un frein majeur, mais une fois enregistrés, les électeurs de la diaspora sont très susceptibles de voter (55,3 % des enregistrés).
• Impact politique : Bien que le vote des diasporas représente une très faible part du vote total, il peut avoir une « influence significative » dans les élections serrées (ex: Moldavie, Cabo Verde). Certains pays créent des « circonscriptions électorales spéciales » pour les non-résidents (ex: France, Colombie, Italie, Cabo Verde), mais cela peut soulever des objections des pays hôtes.
• Cas de succès et d’échecs : Le Kosovo a grandement simplifié l’enregistrement et diversifié les options de vote, aboutissant à un taux de participation de la diaspora de plus de 75 % aux élections de 2025. À l’inverse, aux Philippines, l’introduction du vote en ligne en 2025 n’a pas amélioré le taux de participation, soulignant que les réformes techniques doivent être accompagnées d’efforts d’engagement civique. Le cas de l’Ukraine, avec des millions de déplacés, met en lumière le besoin d’approches « alternatives ou complémentaires » pour l’OCV.
Analyse : Les « interactions complexes entre migration et démocratie exigent un examen plus approfondi ». La faible participation des diasporas est un potentiel « sous-utilisé ». Le défi est de surmonter les « obstacles structurels » et de faire de l’OCV un outil d’inclusion véritable.
Vers une Démocratie Résiliente et Inclusive
Le rapport formule des recommandations clés pour naviguer ces défis.
Pour les décideurs politiques :
1. Considérer l’OCV comme un outil de résilience démocratique et non une politique périphérique.
2. Reconnaître les bénéfices plus larges de l’engagement des diasporas pour la diffusion des normes démocratiques.
3. Assurer l’inclusion de la diaspora dans la communauté politique nationale, en anticipant l’importance croissante de l’appartenance transnationale.
4. Équilibrer représentation et équité électorale, en utilisant des mécanismes comme des sièges réservés ou des pondérations (ex: Cabo Verde).
5. Prioriser la clarté juridique, la coordination transfrontalière et la planification à long terme.
6. Adopter une approche rentable et inclusive des modalités d’OCV, en explorant le vote postal et des méthodes multiples, tout en évaluant l’intégrité du vote en ligne.
7. Investir dans de meilleures données pour des décisions éclairées.
Pour les Organismes de Gestion Électorale (EMB) :
1. Reconnaître l’OCV comme une fonction électorale essentielle, pas un ajout technique.
2. Simplifier les procédures d’enregistrement pour réduire les barrières à la participation.
3. Diversifier les méthodes de vote pour améliorer l’accès.
Renforcer l’intégrité par la transparence et la communication ciblée.
5. Institutionnaliser la coopération avec les services consulaires et autres agences.
6. Anticiper et atténuer les risques politiques et logistiques liés à l’OCV.
7. Améliorer la qualité des données et les normes de rapport sur l’OCV.
Pour les Organisations de la Société Civile (OSC) :
1. Plaider pour un accès équitable à l’OCV, en éliminant les barrières discriminatoires.
2. Faciliter la participation inclusive en s’attaquant aux obstacles pratiques.
3. Encourager un débat politique inclusif sur la représentation des diasporas.
4. Former des alliances transfrontalières pour coordonner le plaidoyer et le partage de leçons.
Domaines de recherche supplémentaires : Le rapport met également en évidence des lacunes importantes dans la recherche sur les motivations de participation/abstention des diasporas, l’impact des méthodes de vote sur l’intégrité, l’influence politique réelle des diasporas, la coopération des pays hôtes et la sécurité/fiabilité du vote en ligne.
Le Travail Inachevé de la Démocratie à l’Ère Transnationale
Le « Global State of Democracy 2025 » est une analyse indispensable qui nous confronte à la fragilité de la démocratie contemporaine et à l’urgence d’une réinvention. Le déclin démocratique est une réalité manifeste, affectant la représentation, les droits et l’État de droit à l’échelle mondiale, y compris dans des démocraties établies. L’importance croissante des migrations internationales ajoute une couche de complexité, nous forçant à repenser les frontières de la citoyenneté et de la participation politique.
Ma conclusion est que ce rapport est un vibrant appel à l’action. Il nous rappelle que la démocratie est un travail « jamais terminé » qui exige « patience, entretien et, parfois, réinvention ». Il n’existe pas de « solution unique » ; les meilleures approches devront refléter les histoires et contextes locaux, tout en s’inscrivant dans une vision d’inclusion et de résilience.
La question de la migration, loin d’être périphérique, est « fondamentalement une question du sens de l’appartenance dans une société démocratique ». En choisissant d’élargir la démocratie pour y inclure ses citoyens non-résidents de manière significative, les pays peuvent non seulement renforcer leur propre résilience, mais aussi promouvoir les normes démocratiques à travers les frontières. C’est un défi logistique et politique, certes, mais c’est aussi une opportunité de consolider la légitimité démocratique dans un monde où les identités et les affiliations sont de plus en plus transnationales. Il est temps pour les législateurs, les organismes électoraux et la société civile d’agir de concert pour garantir que le « mouvement » de la démocratie soit un mouvement vers plus d’inclusion, d’équité et de force.
Années 1970
Le nombre de personnes résidant en dehors de leur pays de naissance commence à tripler, atteignant plus de 300 millions en 2025.
En 1970, la part de la population mondiale ayant migré internationalement n’était que de 2,3 %.
Le rapport mentionne des données remontant à 1975 pour les Indices GSoD.
Années 1980
Dès la fin des années 1980, les processus de budgétisation participative du Brésil sont cités comme un modèle mondial.
1980-1992
Guerre civile au Salvador, laissant un héritage de problèmes d’insécurité.
1989
L’Allemagne de l’Est est couverte par l’ensemble de données jusqu’en 1990.
Années 1990
En 1990, la part de la population mondiale ayant migré internationalement était de 2,9 %.
L’Australie introduit le vote par correspondance pour ses citoyens vivant à l’étranger il y a plus d’un siècle.
1991 : Les premières élections multipartites au Cap-Vert incluent des dispositions pour le vote à l’étranger.
1994 : La première élection démocratique en Afrique du Sud inclut des dispositions pour le vote à l’étranger afin de reconnecter avec les citoyens forcés à l’exil pendant l’apartheid.
1994-2017 : Règle de l’ancien président Yahya Jammeh en Gambie, marquée par une répression généralisée et de graves violations des droits humains.
Années 2000
2001 : Le score mondial pour la Représentation chute à son plus bas niveau depuis 2001.
2001 et 2006 : Le vote de la diaspora joue un rôle décisif lors des élections présidentielles au Cap-Vert.
2002 : L’International IDEA commence à collecter des données sur le nombre de votes exprimés à l’étranger lors des élections nationales.
2007 : L’International IDEA commence à collecter des données sur les formes de vote hors pays (OCV).
Années 2010
2010 : La législation par le parti Fidesz au pouvoir en Hongrie accorde la citoyenneté aux Hongrois de souche vivant dans les pays voisins.
2011 : Extension du droit de vote aux citoyens hongrois non-résidents.
2011 : Extension des droits de vote aux citoyens non-résidents de la Tunisie, suite à la révolution.
Septembre 2015 : Tentative de coup d’État manquée au Burkina Faso ; une loi d’amnistie est adoptée en décembre 2024 pour les participants.
Années 2020 (à partir de 2020)
2020 : Les autorités biélorusses condamnent au moins 33 personnes à un internement psychiatrique punitif en représailles à des critiques du gouvernement ou à la participation à des manifestations publiques.
2020 : 56 689 femmes ont acquis la citoyenneté koweïtienne par mariage.
2021
Février : La diaspora du Kosovo exprime son mécontentement concernant le vote par correspondance.
7 avril : La diaspora samoane cherche à avoir plus de poids politique.
19 mai : Le taux de participation aux élections vietnamiennes dépasse 99,9 % dans de nombreuses provinces, chiffres largement considérés comme gonflés.
Août : Des tensions lors des élections de 2021 au Qatar, où les citoyens naturalisés étaient exclus du droit de vote, incitent l’Émir à réformer le Conseil de la Choura.
Novembre : Élections au Honduras, décrites par les observateurs de l’Union européenne comme compétitives et calmes, avec un registre électoral plus fiable et une forte participation.
2021 (octobre) : Meurtre du journaliste d’investigation grec Giorgos Karaivaz.
2022
Mars : Le Salvador instaure un état d’exception à la demande du président Nayib Bukele pour lutter contre la violence des gangs.
2022 : Le taux d’homicides volontaires au Salvador diminue de plus de moitié.
Août : L’International IDEA commence à mettre à jour mensuellement son « Democracy Tracker ».
Septembre : Le gouvernement gambien accepte la quasi-totalité des recommandations de la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations.
Novembre : Corée du Sud : inquiétudes concernant les restrictions à la liberté de la presse.
2022 : Élection d’un nouveau gouvernement au Brésil, marquant la fin d’années de détérioration démocratique.
2023
Février : Le « modèle Bukele » du Salvador est salué et cherché à être émulation par d’autres pays de la région.
Mai : Publication du rapport de Cristosal sur la répression et les violations des droits de l’homme sous l’état d’exception du Salvador.
Juillet : La Banque mondiale publie le rapport par pays du Kosovo sur la mobilité internationale comme stratégie de développement.
3 juillet : La République du Kosovo adopte la loi n° 08/L-288 sur les élections générales.
Août : La Tchéquie promulgue une loi protégeant les lanceurs d’alerte.
Août : La Cour européenne des droits de l’homme juge les élections de la Bosnie-Herzégovine discriminatoires à l’égard des minorités ethniques.
Septembre : Une enquête sénatoriale en Pologne révèle l’utilisation illégale de logiciels espions pour discréditer les opposants.
Octobre : Un comité législatif brésilien accuse l’ancien président Jair Bolsonaro et ses alliés de crimes liés aux émeutes de janvier 2023.
Octobre : La Chambre des députés chilienne approuve un projet de loi visant à réglementer la sécurité des journalistes et des travailleurs des communications, le faisant passer au Sénat.
Novembre : La Corée du Sud voit des milliers de médecins en grève faire face à des suspensions de licence.
2024
Février : Le Secrétaire général de l’International IDEA, Kevin Casas-Zamora, écrit dans The Economist sur les défis de la démocratie.
Février : Nayib Bukele est réélu président du Salvador avec plus de 80 % des voix.
Février : Le Sénat italien approuve un accord de détention controversé avec l’Albanie.
Février : L’administration Trump adopte des déportations accélérées qui sapent les garanties de procédure régulière.
Février : Des préoccupations sont soulevées concernant le retour de l’armée dans la politique indonésienne.
Mars : Le Kosovo entame l’enregistrement des électeurs à l’étranger.
Mars : Des manifestations massives éclatent en Géorgie suite au retour du projet de loi sur les « agents étrangers ».
Mars : La Fondation des médias pour l’Afrique de l’Ouest rapporte que 381 médias sont suspendus au Sénégal.
Mars : Des milliers de médecins grévistes en Corée du Sud font face à des suspensions de licence.
Mars : Inquiétudes croissantes concernant la répression de l’opposition en Inde.
Mars : L’International IDEA rapporte l’examen minutieux de la sélection des nouveaux commissaires électoraux en Inde.
Mars : L’Assemblée législative du Salvador approuve la modification de la procédure de révision constitutionnelle.
Mars : Le Mali suspend indéfiniment les partis et associations politiques.
Mars : La junte du Burkina Faso adopte une charte modifiée qui prolonge sa domination transitoire.
Avril : Le gouvernement chilien intensifie les mesures pour faire face à la situation sécuritaire.
Mai : L’ancien président des Fidji, Frank Bainimarama, est condamné à un an de prison.
Mai : La Cour française approuve l’accès à l’aide juridique pour les immigrants sans papiers.
Mai : Le parti au pouvoir en Afrique du Sud, l’ANC, perd sa majorité parlementaire nationale.
Mai : L’Émir du Koweït dissout le parlement et suspend une partie de la Constitution.
Mai : Le Parlement slovaque approuve une loi visant à abolir l’actuel radiodiffuseur public.
Juin : Le parti au pouvoir indien revendique la victoire aux élections générales.
Juin : L’Égypte arrête et déporte massivement des réfugiés soudanais.
Juin : Le Parlement finlandais approuve des mesures d’urgence pour restreindre l’accueil des demandeurs d’asile.
Juillet : Le président brésilien Lula rétablit la Commission d’enquête sur les disparitions politiques sous la dictature.
Juillet : Un an après le référendum de Yasuní, l’extraction pétrolière se poursuit en Équateur.
Juillet : Le Bureau des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC) rapporte que le taux d’homicides volontaires au Salvador a diminué.
Août : La cheffe du gouvernement bangladais, Sheikh Hasina, met fin à 15 ans de pouvoir au milieu de manifestations massives.
Septembre : Le Cabinet koweïtien approuve des amendements à la loi sur la citoyenneté.
Septembre : Le gouvernement espagnol lance un plan d’action pour la démocratie.
Septembre : L’armée israélienne ferme les bureaux d’Al Jazeera à Ramallah.
Septembre : La réforme judiciaire du Mexique marque une nouvelle ère de juges élus par le peuple.
Septembre : Les partis politiques jordaniens augmentent leur part de sièges au parlement après les élections.
Octobre : Les affrontements et atrocités s’intensifient dans la guerre civile au Soudan.
Octobre : Le Jammu-et-Cachemire organise sa première élection locale en dix ans.
Octobre : Un policier portugais tue un homme, déclenchant des émeutes.
Octobre : Le parti au pouvoir du Botswana est vaincu aux élections générales après 58 ans au pouvoir.
Novembre : L’ancien président brésilien Bolsonaro et ses alliés sont formellement accusés d’avoir comploté un coup d’État.
Novembre : Le gouvernement intérimaire du Bangladesh supprime la loi sur la cybersécurité.
Novembre : Un référendum constitutionnel au Qatar met fin aux élections du Conseil de la Choura, ramenant le Conseil à un organe entièrement nommé.
Novembre : Le Conseil des ministres espagnol approuve de nouvelles réglementations en matière d’immigration.
Novembre : La Cour suprême indienne déclare les démolitions arbitraires inconstitutionnelles.
Novembre : Le nouveau président de la Géorgie prête serment au milieu de protestations et de controverses.
Décembre : Le Parlement italien adopte un décret modifiant les tribunaux responsables de la détention des migrants.
Décembre : La junte militaire de Guinée prolonge la période de transition.
Décembre : Le Pakistan rapporte une faible participation électorale des électeurs indiens d’outre-mer.
Décembre : Le Burkina Faso approuve une loi d’amnistie pour les participants au coup d’État de 2015.
Décembre : Au Cap-Vert, des inquiétudes subsistent concernant la faible participation électorale de la diaspora.
2024 (estimation) : 304 millions de personnes (3,7 % de la population mondiale) vivent en dehors de leur pays de naissance.
2024 (estimation) : Le nombre total de migrants internationaux est passé de plus de 150 millions en 1990 à plus de 300 millions.
2024 (estimation) : 94 pays (54 % de tous les pays évalués) ont subi un déclin dans au moins un facteur de performance démocratique par rapport à cinq ans auparavant.
2024 (estimation) : 47 pays (27 %) ont obtenu des scores élevés en Représentation, mais le score mondial a chuté à son plus bas niveau depuis 2001.
2024 (estimation) : 71 pays (41 %) sont classés comme peu performants dans la catégorie État de droit.
2024 (estimation) : La liberté de la presse a décliné dans 43 pays, soit près d’un quart de ceux couverts, marquant le déclin le plus large depuis 1975.
2024 (estimation) : La Corée du Sud chute de haute à moyenne performance en liberté de la presse.
2024 (estimation) : 20 pays ont enregistré des améliorations en liberté d’expression.
2024 (estimation) : 18 pays ont enregistré des améliorations en l’absence de corruption.
2024 (estimation) : 32 pays ont enregistré des baisses dans la catégorie État de droit, les pays européens représentant 38 % de ces baisses.
2024 (estimation) : 35 pays ont enregistré des baisses en crédibilité des élections.
2024 (estimation) : 32 pays ont enregistré des baisses en efficacité du Parlement.
2024 (estimation) : Les États-Unis ont vu leur score en égalité économique chuter de 0,69 en 2019 à 0,59 en 2024.
2024 (estimation) : Le rapport du Forum économique mondial sur l’écart mondial entre les sexes est publié.
2024 (estimation) : L’OIM identifie les cinq corridors de migration pays à pays : Mexique vers les États-Unis ; Syrie vers la Turquie ; Ukraine vers la Russie ; Inde vers les Émirats arabes unis ; Russie vers l’Ukraine.
2024 (estimation) : Le taux d’homicides du Salvador est de 1,9 pour 100 000 habitants, contre 107,6 pour 100 000 en 2015.
2024 (estimation) : Les remises de fonds représentent environ 20 % du PIB du Samoa la plupart des années.
2024 (estimation) : 3,4 millions de citoyens indiens vivent et travaillent en Arabie saoudite.
2024 (estimation) : 2 958 citoyens indiens non-résidents seulement sont retournés en Inde pour voter aux élections de la Lok Sabha.
2024 (estimation) : La Serbie connaît des mois de protestations nationales suite à l’effondrement mortel de la gare de Novi Sad.
2024 (estimation) : Le comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale exprime ses préoccupations concernant l’usage excessif de la force par la police portugaise.
2024 (estimation) : Le Centre africain d’études stratégiques signale des conflits entraînant un niveau record de déplacements forcés en Afrique.
2025
Janvier : Le Conseil de l’Union européenne adopte des conclusions sur le renforcement de la résilience démocratique de l’UE.
Janvier : La Cour européenne des droits de l’homme juge que la Grèce a procédé à des refoulements systématiques.
Janvier : Des émeutes au Soudan du Sud entraînent des victimes, un couvre-feu et la suspension des médias sociaux.
Janvier : Le chef de l’agence suédoise pour la migration signale que davantage de réfugiés ukrainiens souhaitent rester en Suède.
Janvier : Les agences de surveillance dénoncent l’arrestation « injustifiée » d’un dirigeant des médias en Géorgie.
Février : La Thaïlande déporte de force quarante Ouïghours vers la Chine.
Février : La détention de dirigeants de l’opposition déstabilise l’accord de paix au Soudan du Sud.
Février : L’ancien Premier ministre polonais fait face à des accusations criminelles concernant l’élection abandonnée de 2020.
Février : Le FSR et ses alliés signent une charte pour établir un gouvernement parallèle au Soudan.
Février : La Cour de justice de l’Union européenne examine la loi danoise sur le logement public.
Février : Des amendes sont introduites pour les insultes et la diffamation dans les discours en ligne au Kirghizistan.
Février : Les enfants et adolescents accusés ou condamnés pour des crimes liés aux gangs seront détenus dans des pénitenciers pour adultes au Salvador.
Mars : Le Cabinet du Koweït approuve la commission d’examen des plaintes pour les cas de révocation de citoyenneté.
Mars : La République tchèque, le Brésil et la Pologne passent d’une performance moyenne à élevée en liberté de la presse.
Mars : Le Parlement polonais adopte une loi autorisant la suspension temporaire du droit d’asile.
Mars : Un rapport documente l’augmentation de l’internement psychiatrique punitif en Biélorussie.
Mars : Le comité parlementaire italien enquête sur l’utilisation de logiciels espions visant des journalistes et des activistes.
Mars : Une nouvelle loi kirghize limite les consultations publiques sur la législation.
Mars : Les négociations entre le gouvernement et les dirigeants de l’opposition au Mozambique sont lancées.
Avril : Des lois géorgiennes restreignent la société civile et les médias.
Avril : La junte nigérienne libère des détenus, mais Bazoum et d’autres restent emprisonnés.
Avril : La Cour constitutionnelle sud-coréenne confirme la destitution du président Yoon Suk Yeol.
Avril : Le Koweït connaît une révocation massive de la citoyenneté.
Avril : La Cour suprême accepte à l’unanimité les accusations contre Bolsonaro et ses alliés.
Avril : Le gouvernement américain est menacé de procédures d’outrage pour non-conformité aux décisions de justice.
Avril : Les Philippines initient le vote en ligne pour les Philippins d’outre-mer.
Mai : L’Émir du Koweït dissout le parlement et suspend les garanties constitutionnelles.
Mai : La loi sur les agents étrangers restreint l’espace civique au Salvador.
Mai : Les élections judiciaires au Mexique ont lieu.
Mai : La Cour européenne des droits de l’homme rend sa décision sur les refoulements systématiques en Grèce.
Juin : La Géorgie adopte une loi sur les « agents étrangers », une version plus sévère d’une loi de 2024.
Juin : La Corée du Sud tient des élections anticipées qui portent une nouvelle administration au pouvoir.
Juin : La Cour européenne des droits de l’homme annule un jugement de 2023 concernant les élections en Bosnie-Herzégovine.
Juin : Le rapport du Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté d’expression souligne les menaces pour les médias.
Juin : L’International IDEA publie les résultats des élections du Kosovo, avec une participation de la diaspora de plus de 75 %.
Juin : La mission d’observation électorale de l’OEA publie un rapport préliminaire sur les élections judiciaires au Mexique.
Juin : L’ancien président des Philippines, Rodrigo Duterte, est accusé de crimes contre l’humanité.
Juin : La participation en ligne des Philippins d’outre-mer est de 18,1 % aux élections de mi-mandat.
Juin : La Thaïlande prévoit d’inculper des membres du parti Move Forward pour une proposition de loi.
Juin : Les Nations Unies et des experts indépendants des droits de l’homme s’inquiètent de l’internement psychiatrique punitif en Biélorussie.
Juillet : Les alliés de Bukele à l’Assemblée législative du Salvador modifient la Constitution pour lui permettre de se représenter indéfiniment.
Juillet : Les militants écologistes et les dirigeants indigènes en Équateur demandent à la cour d’organiser une audience urgente sur l’extraction pétrolière.
Juin 2025 : L’International IDEA dispose de données de participation pour 210 élections entre janvier 2002 et juin 2025.
2025 (prévu) : Les premières élections post-indépendance du Soudan du Sud sont prévues.
2025 (prévu) : Élections générales au Bangladesh d’ici début 2026.

